j’apprends beaucoup. Nous nous sommes connus vers la fin de mon séjour au Mexique. A partir de 1978, ma collection prend réellement de l’importance et je fais des sauts culturels aux Etats-Unis. J’y rencontre le mayaniste Michael Coe à l’université de Yale, Gordon Ekholm au musée d’histoire naturelle à New-York et Al Stendahl, grand antiquaire à Los Angeles qui prête sa collection pour illustrer 80 % du premier ouvrage important sur l’art précolombien de Hasso Von Winning. Et puis les marchands de New-York  : Edward Merrin et Spencer Throckmorton.  Par ailleurs, à compter de 1978 et pendant 20 ans ma vie sera ponctuée par les deux grandes ventes annuelles de Sotheby’s qui présente, à chaque fois, des objets de grande qualité. C’est alors que vous éditez «  Chefs-d’œuvre inédits de l’art précolombien  »…  Au milieu des années 1980. Effectivement, à partir de 1983, Jean Louis Sonnery et moi regrettons qu’il n’existe pas de livres illustrés de photos inédites d’objets importants d’art précolombien. Pas ceux des musées, déjà largement diffusés, mais ceux des collections privées. Nous en parlons pendant un an et je décide finalement de réaliser cet ouvrage au sein de ma société d’édition Art 135. Pendant une année Jean-Louis et moi visitons une centaine de collections privées en Europe et aux USA. Nous sélectionnons et photographions environ 300 objets.en Europe et aux USA. Pour compléter ce premier choix, nous demandons son appui au grand marchand de Bruxelles, Emile Deletaille, qui apporte une partie des photographies d’objets d’art maya et ses contacts aux Etats-Unis qui nous permettent d’ajouter  des chefs-d’œuvre. Il restait à rédiger le texte d’accompagnement… Nous avons d’abord approché deux chercheurs avec l’appui de Jacques Soustelle. Puis, finalement, nous avons acheté à Michel Graulich, professeur à l’université libre de Bruxelles, ses cours polycopiés. De tirages en retirages, en français, anglais et allemand, l’ouvrage s’est vendu à plus de 13  000 exemplaires. On le trouve aujourd’hui sur Internet pour un prix moyen de 100 euros. Ce livre plaît tellement à Michel Leveau, fondateur du Musée Dapper, qu’il nous demande de réaliser, en tant qu’éditeur, son pendant africain   «   Chefs-d’œuvre inédits de l’Afrique noire  »  sorti en 1987. Parallèlement à ma passion pour l’art précolombien et à mon travail dans la communication, je continue la photo. En 1989, j’obtiens le prix de la plus belle affiche d’art décerné pour la galerie Bernard Dulon. En 1999, mes photos sur les objets de curiosité prises au gré de mes promenades dans Paris et aux Puces sont regroupées et publiées dans un ouvrage intitulé Kitsh chez Flammarion édition Le Chêne. Les années 1980-2000,  ne sont-elles pas celles de votre plus forte implication pour l’art précolombien  ? Indéniablement. En 1992, je suis nommé conseiller extraordinaire d’art précolombien pour l’exposition «  Le visage  » à la fondation Cartier. Une partie des masques exposés est d’origine précolombienne et il me revient d’écrire les descriptifs. Et, en 1997, je suis conseiller d’organisation pour l’exposition «  Mexique Terre des Dieux  » au musée d’art et d’histoire de Genève. Sous la direction de Gaston Burnand. C’est à cette occasion que j’ai longuement discu-té avec Rafael Tobar ministre de la culture du Mexique qui a salué cette exposition constituée d’objets de collections privées car elle était porteuse d’augmentation touristique vers son pays. Mais revenons à 1992…  C’est la première des dix années que je vais consacrer aux voyages en Equateur et au Pérou où je retourne sur les pas d’Alvaro Guillot-Munoz, mon beau-père. Avez-vous été sensibilisé au problème du pillage des objets  ? Mes voyages m’ont permis d’aborder ce sujet avec l’archéologue argentin Alberto Rex Gonzalez, le collectionneur péruvien Enrique Poli et l’expert allemand Ferdinand Anton. STATUETTE Anthropomorphe modelée d’une jeune fille debout, son corps à la disproportion étudiée évoque un concept d’abondance et de fertilité Chupicuaro, Etat de Guanajuato, Mexique, 600 à 100 av. JC - Estimation : 30 000 / 50 000 € PALMA sculptée d’un vautour urubu à tête les ailes déployées, les serres tendues, prêt à capturer sa proie - Pierre sculptée et semi polie Veracruz, Mexique, Epoque Classique, 500 à 900 après JC - Estimation : 30 000 / 50 000 € EXCEPTIONNELLE COUPE CHAMANIQUE reposant sur une tête de cervidé - Mochica, Pérou, 100 à 500 après JC - Estimation : 40 000 / 70 000 €