appartement de la Zona Rosa qu’il partageait avec Olga, son épouse. J’y ai  passé des semaines inoubliables. Le jour, je visitais les musées, j’apprenais l’espagnol et donnais des cours de conversation en Français. Je faisais également des photos (certaines ont été publiées dans un beau livre pour touristes titré «  Mexico in pictures  ») et de la peinture. J’ai eu la chance d’être exposé deux années de suite dans des galeries. La première à San Luis Potosi, la seconde à Mexico, Paseo de la reforma, sous l’égide de Jean Sirol, attaché culturel français. Le soir, quand les Tamayo ne recevaient pas des célébrités (comme les Guelman, de grands collectionneurs de tableaux et leur ami Cantinflas, le «  Fernandel   mexicain  »), je chantais des «  rancheras  » tandis que Rufino m’accompagnait à la guitare  ! C’est à lui que je dois d’être entré à la prestigieuse Academia San Carlos. En tant qu’élève libre j’ai eu la possibilité de travailler avec les grands peintres mexicains et de participer à la réalisation des célèbres «  Murales  ». Ainsi, j’ai rejoint trois fois dix jours Diego Rivera. Il avait réuni une trentaine d’étudiants pour peindre la grande fresque convexe du théâtre national de Mexico. Sur ses 500 m² ma contribution est d’environ 5 m²  ! Diego Rivera qui avait passé 20 ans en France m’accueillait le matin avec un fort accent. Je l’entends encore me dire  : «  comment vas-tu mon petit Picasso de l’époque rose  ?  ». Quand il avait dit cela, il était très content et nous allions boire un café. Ensuite, l’équipe montait sur les échafaudages tandis qu’il surveillait notre travail de report de son œuvre, à l’aide de ses cahiers, depuis la terrasse du bistrot… Et l’art précolombien  ? Rufino Tamayo et Diego Rivera réunissaient alors des objets précolombiens en vue de créer, chacun séparément, leur musée. Chaque semaine, des Indiens venaient leur proposer leurs découvertes. Ainsi, j’ai vu arriver des objets précolombiens dans ce que j’appelle un état archéologique authentique  tels qu’ils sortent de terre  :  cassés, abimés. Les Indiens trouvaient normal de venir avec des objets en plusieurs morceaux grossièrement recollés. Cela ne gênait pas le moins du monde les deux collectionneurs qui, d’ailleurs, ne les ont jamais fait restaurer  ! A l’inverse d’aujourd’hui où un excès de restauration fait que les objets se présentent sous un aspect quasiment neuf. J’ajoute qu’au cours de mon séjour de trois ans au Mexique, j’ai participé à l’analyse et aux choix des nombreux objets collectionnés par Rufino Tamayo sous le contrôle de l’expert José Luis Franco. Parallèlement, j’ai eu la chance de travailler dans la Huasteca sous la direction de Guy Stresser Péan, archéologue et chercheur délégué du musée de l’Homme à Paris qui avait une mission d’étude financée par la fondation Rockfeller… Qu’est-ce qui vous oblige à quitter le Mexique ? Déjà, tous les six mois je dois me rendre dans un autre pays pour faire renouveler mon visa touriste. C’est ce qui me fait supporter trois jours et trois nuits de bus pour aller à New-York ou visiter le Guatemala en camion-stop. Mais, en 1954, il me faut quitter le Mexique et rentrer définitivement car ma grand-mère est souffrante. Après quelques temps passés auprès d’elle en Vendée, et de retour à Paris, je trouve la capitale frappée par une relative tristesse. Ce qui m’incite à fréquenter des Latino-américains. C’est à ce moment que je rencontre Julieta Esmeralda Guillot-Muñoz qui devient ma femme et qui l’est toujours. Cette même année 1954, j’entre dans la vie professionnelle avec un métier que je vais pratiquer pendant quarante ans  : la communication. Après des années dans la création, au sein de plusieurs grandes agences de publicité, je fonde le département «  Promotion et événementiel  » de Publicis avant de créer ma propre agence, IDM conseil, puis des filiales dont la société d’édition Art 135. Parallèlement, je continue la peinture. En 1967, j’expose à la galerie des peintres à Saint-Paul de Vence. Puis, en 1974 et 1975, à la galerie Valerie Schmidt rue Mazarine à Paris. C’est l’époque où je m’intéresse à l’art précolombien mais uniquement à titre de connaissance, car je fais construire ma maison. En même temps, je suis l’ami intime de Jean-Louis Sonnery, l’un des plus grands collectionneurs européens d’art précolombien auprès de qui IDOLE anthropomorphe personnifiant le Dieu du Soleil tarasque « Curicaueri » -  Pierre dure sculptée semi polie avec patine du temps. Culture Tarasque,  Etat du Michoacan, Mexique, environ 950 à 1521 après JC - Estimation : 40 000 / 60 000 €. HACHA GUERRIER À L’OISEAU - Hache anthropomorphe présentant un jeune guerrier de profil - Pierre dure verte sculptée et polie Culture Veracruz, Mexique - Epoque Classique, 600 à 900 Ap. J.C - Estimation : 50 000 / 80 000 €  HACHA TÊTE DE MORT - Hacha présentant une tête de type  memento moris symbolisant le passage de la vie à la mort ainsi que la résurrection de la nature - Maya, Guatemala, Epoque Classique, 600 à 900 après JC - Estimation : 25 000 / 35 000 € PALMA CROCODILE -  Pierre dure à grains fins sculptée et semi polie. Culture Veracruz, Mexique, Epoque Classique, 600-900 Ap. J.C. Estimations : 80 000 / 120 000 €